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dimanche 11 novembre 2012

Impressions de brumes


--- Fin octobre 2012. Echappée solitaire à Gargilesse ---

J'en ai rapporté des poèmes, mais aussi et c'est la raison de cet "article", quelques paysages dont ces brumes enchantées captées au Leica, et des impressions en vrac...




Dans le petit matin mouillé, brumeux, frisquet, sauvage. 

Le nez au vent. Les pieds dans la boue.
Le Leica autour du cou. Son poids, sa présence, familiers, précieux. 

La joie dans une poche, et la peine dans l’autre, comme deux sœurs ins
éparables.

Dans le cœur, un pêle-mêle d’épines, de perles, de cailloux, les fantômes avec les vivants, les chevaux de l’enfance galopant aussi haut que les oiseaux des rêves, loin au-dessus des manques et des misères qui montrent les crocs avant de se fondre dans le brouillard.

Il suffit d’accepter que tout soit ainsi. Multiple. Paradoxal. Mélangé. Tremblant dans la lumière. Insaisissable. Quand c’est accepté, tout est bien, finalement. 

Tout est bien.


Fondues dans les brumes ouatées, paissaient d’imperturbables vaches…


BERRY de brume et de rosée


Quand il n’y a rien de particulier à faire, nulle part où aller, aucune obligation à l’horizon, certaines personnes s’ennuient.
D’autres savourent. Elles se laissent porter par les parfums, bercer par la douceur de vivre. Elles s'autorise
nt à glisser dans la lenteur, le calme de l’instant. Laissent venir à elles les petits détails -la cloche du village sonne dans le lointain, le cri d'une buse déchire le silence, la lumière joue à emprunter des reflets irisés -.

Quand il n’y a rien de particulier à faire, nulle part où aller, aucune obligation à l’horizon, la vie est un luxe absolu.

L’ennui -comme le stress-, n'est qu'une maladie des temps modernes. Elle touche beaucoup de ces gens qui ne savent plus que courir: après le métro, le travail, l’argent… après le temps, après eux-mêmes…



Il y a un monde au-delà du monde.
Des jardins au-delà des jardins.
Des êtres au-delà des êtres.

Caché juste en dessous -ou en dessus- du monde de tous les jours, un autre monde plus vrai et plus chaud sommeille, prêt à rejaillir comme la beauté au milieu des décombres.



En milieu de matinée, les brumes ont laissé place à des jeux de reflets et clins d'oeil de soleil sur une Creuse immaculée, et soudain ce fut beau comme un premier matin du monde.

Beau à pleurer. Nez au vent, sourire aux lèvres, cils mouillés, poumons pleins à craquer.

Au diable les problèmes, en cet instant j'aurais pu mourir sur place, heureuse et sans crainte, convaincue de la merveille de Vivre.